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vendredi 18 juillet 2014
Fusion des régions - Editorial du Président

Fusion des régions - Editorial du Président

En accolant sans bien réfléchir la Champagne à la Lorraine et à l'Alsace les députés socialistes, réunis en commission le 15 juillet, se sont-ils bien rendu compte de ce qu'ils faisaient? Cette proposition, immédiatement relayée par la presse, a eu très vite deux conséquences immédiates :
 
1. Elle a définitivement rejeté dans l'opposition à toute fusion les élus alsaciens (y compris le Président Philippe Richert). Toute l'Alsace va maintenant se battre pour conserver son autonomie comme l'ont fait les Bretons. L'hypothèse d'une région Alsace maintenue dans sa forme actuelle  se rapproche.
 
2. Elle provoque la fureur de Martine Aubry qui ne veut en aucun cas d'un rapprochement avec la Picardie, et qui dispose d'un potentiel de députés suffisant pour faire bloquer le projet.
 
Dans ce contexte extrêmement instable, plusieurs élus lorrains, de droite comme de gauche, sautent à pieds joints dans le piège au prétexte que Metz-Nancy pourrait devenir plus facilement capitale régionale, car les villes lorraines seraient au centre de la future - et très hypothétique- région Lorraine Alsace Champagne. Un argument qui s'effondrerait très vite si on créait une région Lorraine Champagne Picardie (que Jean-Paul Bachy, le président champenois appelle de ses vœux). Le centre se situerait alors à ... Châlons-en-Champagne!
 
Que peut-on retenir pour l'instant de ce dossier qui est loin d'être clos?
 
1. Au prétexte que l’on ne peut pas rester immobile et qu'il faut à tout prix bouger, les élus "réformateurs" élaborent des plans sur la comète censés être utiles aux citoyens. Ceux-ci   regardent pourtant tout cela avec beaucoup de circonspection. Il est vrai que dans cette affaire, tout le monde parle POUR le citoyen, SANS le citoyen. Il est bien sûr hors de question de lui laisser la parole, dit-on en catimini, car il se prononcerait évidemment contre. Nouvelle version des élites qui savent et qui vont de l'avant, alors que le bon peuple, lui, est profondément réactionnaire. (Pour mémoire, rappelons qu'aucune fusion n'est possible entre Länder en Allemagne sans référendum.)
 
2. Personne ne sait plus vraiment pourquoi il faut fusionner les régions. On fusionne d'abord, on réfléchit ensuite. Quel sens aurait aujourd'hui une région LAC (Lorraine Alsace Champagne) qui serait presque deux fois plus grande que la Belgique?
 
 
3. Sur la forme, c'est aujourd'hui la confusion qui s'installe. Si fusionner était une vraie nécessité, il fallait s’en tenir à la carte initiale et ne pas commencer à la bricoler. On peut d'ailleurs craindre que tout cela continue. Que diront nos concitoyens lorsqu’ils liront dans la presse que l'Alsace se retrouve seule et que l'on créera une région Lorraine Champagne (pour ne prendre que cet exemple)?
 
Le Premier Ministre joue le grand air du "nous irons jusqu'au bout car nous sommes des réformateurs". L'histoire de la Vème République regorge de Premiers  Ministres droits dans leurs bottes, et qui ont finalement cédé. On peut craindre qu'il en soit ainsi une nouvelle fois. Ces derniers jours ont vu considérablement augmenter les oppositions régionales, mais aussi politiques, les centristes prenant de plus en plus de distance avec le projet. Une petite musique commence d'ailleurs à s'installer qui viserait à repousser les fusions après 2016, et ce avec l'accord des régions concernées.
 
En attendant, il est permis de s'interroger devant une maîtrise aussi faible du sujet à la fois sur le fond mais aussi sur la forme.

 
 
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