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mercredi 23 septembre 2015
Contribution du CESEL au débat public A31 bis

Contribution du CESEL au débat public A31 bis

Jean-Claude Thomas, Président de la Commission Mobilités du CESE de Lorraine, est intervenu hier soir à Metz lors de la réunion de clôture du débat public sur le projet « A31 bis » :

« Je tiens à rappeler en préambule que le CESE de Lorraine a constitué un cahier d'acteurs validé en séance plénière de notre assemblée le 26 juin 2015 par plus de 79% des conseillers et conseillères.
 
Au nom du CESE de Lorraine, je tiens à rappeler quelques points :
 
  • Le projet A31 bis a été retenu par le gouvernement à l'issue des travaux de la commission « Mobilité 21 » et placé au rang des premières priorités c'est-à-dire celles à réaliser avant 2030.
     
  • L'ensemble de la société civile organisée ainsi que les responsables politiques lorrains reconnaissent l'intérêt national du projet mais aussi son degré d'urgence.
     
  • Le CESE de Lorraine a toujours milité pour la tenue d'un débat public traitant entre autres du financement, des scenarii de tracés et des scenarii de trafics présentés.
     
  • Les contributions, les cahiers d'acteurs, les interrogations des citoyens ont permis de questionner le maître d'ouvrage sur le dossier présenté.
     
  • En outre, une demande d'expertise complémentaire initiée fin juin par des élus du Sud Lorrain sur des aménagements possibles dans le triangle Toul – Nancy – Dieulouard a permis d'éclairer et les citoyens et le maître d'ouvrage.
 
Cependant, nous arrivons au terme de ce débat public entamé le 15 avril 2015 à Nancy et qui se clôture ce soir à Metz. Plus de 5 mois d'échanges et de tables rondes sur 4 thématiques menés par les membres de la CPDP dans un climat serein,  constructif et en toute indépendance. Je tiens à leur rendre hommage ce soir.
 
Le CESE de Lorraine défend et défendra toujours le concept d'optimodalité qui permet de proposer la meilleure combinaison entre les différents modes de transport et favorise ainsi une meilleure répartition des trafics entre les réseaux. Ce faisant, il lie l'avenir des réseaux entre eux dans une logique de complémentarité plutôt que d'opposition systématique. La performance de la « chaine de transport » dépend alors de la performance de chaque réseau.
 
L'A31 est l'axe le plus chargé de France
(supérieur à l'axe Lyon – St Etienne). La Lorraine est fortement multimodale puisque 33% est de l'international, 33,5% des marchandises sont transportées par d'autres modes (la moyenne nationale se situant à 18,2%).
 
De plus, selon l'Organisme de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), il y a une probabilité certaine d'augmentation des Poids Lourds à l'import dans les années à venir. Aussi, le Débat Public qui s'achève doit permettre – après la publication du bilan d'ici novembre 2015 et la réponse du ministère concerné  d'ici février 2016 – de passer à la seconde phase qui consiste à lancer l'enquête publique dans un délai maximum de 5 ans.
 
C'est à partir de la Déclaration d'Utilité Publique (DUP) que les interrogations légitimes soulevées ici (barreau Toul – Dieulouard, traversée qualitative de Florange entre autres…) devront trouver débats, réponses et explications et ceci dans le respect mutuel des uns et des autres. Il convient de rappeler que c'est un investissement sur le très long terme et donc bien au-delà de 2035, que la concession de certains tronçons peut en accélérer la faisabilité et que le morcellement du projet résultant de considérations financières conduirait purement et simplement à son abandon.
 
Pour conclure, je dirais ceci :

On peut comparer la réalisation de l'A31 bis optimisée à l'achat d'une maison. Si l'on veut la disponibilité de suite, on contracte un prêt, si l'on veut la disponibilité plus tard, on constitue une épargne préalable. Au vu des ressources financières contraintes de notre pays, ce projet ne pourrait voir le jour au mieux qu'après 2040. Cependant, pour l'ensemble des usagers de l'A31 actuelle, ce délai semble pour le moins déraisonnable.

Et il y a de toute façon une dernière donne non négligeable : tout un chacun s'accorde à reconnaître l'état dégradé des chaussées de l'A31 et la nécessité de la remettre en état (nids de poule et autres nids d'autruches, performance environnementale, isolation phonique…)
 
Si le projet A31 bis n'est pas porté sur les fonds baptismaux, il faudra quand même des centaines de millions d'euro pour l'entretien dont les caisses de l'Etat s'en trouvent fort dépourvues. Ce qui rallongera d'autant la remise en état de l'infrastructure actuelle alors que les déplacements quotidiens iront croissant…
 
Aussi, je le redis aujourd'hui, « ne nous loupons pas » sur ce projet et offrons aux générations futures et à la future nouvelle région  – située au croisement des euro-corridors Est – Ouest et Nord – Sud routiers, ferroviaires et fluviaux et reliant la Mer du Nord à la Méditerranée, l'Espagne et l'Italie un axe autoroutier digne de ce nom. Les 5,5 millions d'habitants de la future région grand est vous en seront très reconnaissants. »
 
J.C. THOMAS

Président de la commission Mobilités du CESE de Lorraine. 
   
 
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